Moving to Paris – let’s be honest
La France nous a surpris par son dispositif d’auto-entrepreneur. La registration est ultrasimplississime! et les avantages nombreux. Le régime est là pour soutenir les démarreurs des petits entreprises et au travers nos lunettes roses, on ne voit pour le moment que ses avantages.
A dix heures du soir on monte au Sacré-Cœur. A cette heure-ci, entre chien et loup, on sent le mieux les pulsations de la ville. J’imagine l’excitation et les attentes de tous ces nouveaux “Parisiens” qui travaillent sur leurs projets dans les maisons dont on voit s’allumer les lumières. Je me sens branchée à la même source d’énergie comme eux. Je goûte à la liberté, je savoure l’espace qui vient de se créer dans ma vie, et je me regarde avec bienveillance: quelque soit le résultat, un projet courageux mérite d’être considéré comme un succès :)
Moving to Paris – second impression
La France, elle a un petit air d’Inde, ma foi, je sais de quoi je parle :) … si je pense à la propreté (ou plutôt l’absence de celle-ci) et si je pense à la bureaucratie. Mais elle a aussi une disposition à la joie de vivre pas commune, et ça, c’est très attirant!
La preuve, c’est que les Britanniques aiment les deux avec la même force. Bon, ils aiment quand même un peu plus le curry que les escargots, c’est vrai.
Pour illustrer Paris, des tas de merdes de chiens sur les trottoirs feraient très bien affaire mais je préfère perpétrer les clichés. Et puis l’ambiance de cette ville le soir gomme toutes ses imperfections.
Moving to Paris – step 3
;)
Je connaissais pas Paris le matin – Grand Corps Malade
J’ai pris mon réveil de vitesse et ça c’est assez rare
Je me suis levé sans lui sans stress, pourtant je m’étais couché tard
J’ai mis Morphée à l’amende en plus dehors y’a un pur temps
Pas question que la vie m’attende, j’ai un rendez-vous important
Ce matin mon tout petit dej’ n’a pas vraiment la même odeur
Ce matin mon parking tout gris n’a pas vraiment la même couleur
Je sors pour une occasion spéciale que je ne dois pas rater
Ce matin j’ai un rencard avec un moment de liberté
C’est qu’après pas mal d’études et 4 ans de taf à plein temps
Je me suis permis le luxe de m’offrir un peu de bon temps
Plus d’horaires à respecter, finies les semaines de 40 heures
Finies les journées enfermé, adieu la gueule des directeurs
J’ai rendez-vous avec personne, à aucun endroit précis
Et c’est bien ça qui cartonne écoute la suite de mon récit
Aujourd’hui, j’ai rien à faire et pourtant je me suis levé tôt
A mon ancienne vie d’affaires, j’ai posé un droit de véto
C’est un parcours fait de virages, de mirages, j’ai pris de l’âge
Je nage vers d’autres rivages, d’une vie tracée je serai pas un otage
Un auteur de textes, après un point je tourne la page
Pour apprécier demain et mettre les habitudes en cage
Je sais pas où je vais aller je me laisse guider par mon instinct
Fasciné par cette idée je kiffe tout seul c’est mon instant
Le soleil me montre la direction, ne crois pas que j’enjolive
C’est un moment plein d’émotion… attends j’avale ma salive
Je veux checker les éboueurs et aux pervenches rouler des pelles
Y’a du bon son dans la voiture quand j’arrive Porte de La Chapelle
Alors je m’enfonce dans Paris comme si c’était la première fois
Je découvre des paysages que j’ai pourtant vus 500 fois
Je crois que mon lieu de rendez-vous sera cette table en terrasse
Café-croissant-stylo-papier, ça y est tout est en place
Je vois plein de gens autour de moi qui accélèrent le pas
Ils sont pressés et je souris car moi je ne le suis pas
Je connaissais pas Paris le matin et son printemps sur les pavés
Ma vie redémarre pourtant on peut pas dire que j’en ai bavé
La route est sinueuse, je veux être l’acteur de ses tournants
C’est mon moment de liberté, je laisserais pas passer mon tour, non
C’est un parcours fait de virages, de mirages, j’ai pris de l’âge
Je nage vers d’autres rivages, d’une vie tracée je serai pas un otage
Un auteur de textes, après un point je tourne la page
Pour apprécier demain et mettre les habitudes en cage
Puis je vois passer une charmante dans un beau petit tailleur
Elle me regarde comme on regarde un beau petit chômeur
Quand je la vois elle m’esquive et fait celle qui ne m’a pas calculé
Je réalise avec plaisir que socialement j’ai basculé
Il est lundi 10h et j’ai le droit de prendre mon temps
Mon teint, mon ton sont du matin et y’a personne qui m’attend
Y’a tellement de soleil qu’y a que le ciment qui fleurit pas
Il est lundi 11h et moi je traîne dans Ris-Pa
Loin de moi l’envie de faire l’apologie de l’oisiveté
Mais elle peut aider à se construire, laisse moi cette naïveté
Puis de toute façon j’ai mieux à faire que me balader dans Paname
Dès demain je vois des enfants pour leur apprendre à faire du slam
Je connaissais pas Paris le matin, voilà une chose de réparée
Je sais pas trop ce qui m’attend mais ce sera loin d’une vie carrée
Moi j’ai choisi une voie chelou, on dirait presque une vie de bohème
Mais je suis sûr que ça vaut le coup, moi j’ai choisi une vie de poèmes.
Moving to Paris – step 2
Looking for the appartement without having a “CDI”
Je viens de tomber sur la page “freshly pressed” de wordpress où il y a un blog avec les photos de Luxembourg. Les commentaires d’une centaines de lecteurs vont de “what a cosy looking place” jusqu’à “this makes me want to pack-up and go”.
Je grossis les traits de notre situation instable, je pense à chaque brin d’herbe que j’y connais (licence poétique!) et je me laisse submerger par l’émotion: Je veux retourner là-bas, dans le cocon familier, pour retrouver les repères d’une ville doucement ennuyeuse.
Puis ça passe.
On va chercher une location pour 12 mois à Paris.
J’appelle les premiers proprios et j’ai droit à quelques inquiétudes concernant notre solvabilité. On s’explique, j’apprends le vocabulaire et les tactiques pour se présenter dans la meilleure lumière possible. Des fois on bute sur l’inflexibilité de la personne mais avec la pratique on gagne de l’assurance et on obtient de plus en plus d’accords pour les visites.
Le train nous emporte vers une banlieue proche, pas moche du tout, même verte. Je regarde les sureaux et les églantiers en fleurs et ce n’est que là que je me rends compte que nous sommes au mois de mai. J’ai failli oublier! Une deuxième fois aujourd’hui mon solar plexus se rétracte. Je veux aller vivre à la campagne! Ah bon. Mais ce n’est pas très en accord avec ce que je fais en ce moment!
Dans un autre train qui nous ramène d’un petit village aux confins de l’île de France à Pairs, nous récupérons nos ailes. C’est quand même une année sabbatique! C’est l’année du sabbat! On ne fait rien … ce qui ne sonne pas juste.
Dans un élan de joie je reçois une rose de la part de mon amour. Nous venons de résoudre un casse-tête. Nous allons rester encore en location de courte durée tant qu’on démarre le travail et qu’on soit bien sûrs que ça nous chante ici. On va y aller doucement.
Les pétales de la rose, que j’ai mis dans une bouteille de vin vide, s’emboîtent à merveille et la spirale qu’ils forment est enivrante. Ca fait aussi parti de sa beauté, d’être si complexe…
Moving to Paris – step 1
First hours in Paris
Après un mois au Japon, être entourée des Français, ça fait beaucoup de mimiques à déchiffrer. Au-revoir le zen que j’ai vu sur les visages des Japonais même dans les heures de pointe. Je n’aime pas trop ces nouvelles impressions. Et puis les Français râlent, tout le temps, souvent, assez. J’accroche pas. Devenir francophile m’a, à un moment donné, procuré les ailes pour voler haut, pour avoir du recul par rapport à la grisaille de mes jours et de voir les couleurs à l’horizon. J’avais 16 ans :)
17 ans après, je viens de faire un choix de venir vivre en France. Je viens de quitter un travail bien rémunéré, prévisible, assommant et ennuyeux pour venir travailler à mon compte et faire ce qui me remplit de joie. Mais ai-je bien fait d’avoir choisit la France?
Notre appartement en location de courte durée se trouve au pied du Sacré Coeur. L’emplacement n’est pas mal du tout. Je tire ma valise joufflue en montant la Butte de Montmartre et je passe dans les rues sales où les maîtres laissent leurs chiens pisser et faire le caca n’importe où. Je mets en marche tous mes capteurs pour ne pas se concentrer sur l’olfactif et je me garde de faire des conclusions hâtives. Mon année sabbatique vient de commencer et je vais me (lui, à la France) donner la chance!
Au moment où on tape le code d’entrée de l’appartement il y a une jeune femme qui passe. Je l’entends expliquer à sa compagnonne que sa vie est très bien en ce moment. Que tout marches comme elle le souhaite et qu’elle se sent être dans un flux qui l’emporte doucement là ou elle veut. To be in the flow – disent les Anglais.
To be in the flow! Mais c’est une formule chérie de mon vocabulaire ésotérique! Je le prends comme un signe venant des cieux. Malgré tous les petits tracas qu’on rencontre, j’y suis aussi.
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Notre appartement – c’est une pièce un peu humide et poussiéreuse, avec un wc séparé et la douche dans un coin de la chambre derrière le rideau. Nouveau pour moi. On se dit qu’une fois qu’on s’appropriera l’espace, ce sera mieux. Et puis on essuiera la poussière et on enlèvera les cheveux laissés dans la douche. J’ai un peu le haut-le-coeur, en plus il y a le spleen du Japon, et le décalage horaire. Allez, on va déballer les valises… C’est le moment où mon amour prend la guitare. Quelques accords et mon univers se recentre: tout ira bien.
***
Après avoir mangé le riz au saumon et le riz au tofu deux fois par jours pendant un mois, nous avons envie de nous préparer, en tant que premier repas en Europe, une spécialité bien slovaque. Un plat d’étudiants qu’on avait habitude de manger dans les cantines universitaires et, que, beaucoup de restaurants slovaques offrent comme l’unique plat végétarien (ce qui nous exaspère après une semaine de restos là-bas) – les pommes de terre en purée, faite maison, au persil et un bout de fromage pané à la façon d’escalope. Les barbares qui panent le fromage! Ah, les saveurs de chez nous ! :)
Par la fenêtre ouverte on voit passer les touristes qui descendent du Montmartre. Ils peuvent nous voir mais la journée est trop belle pour avoir la fenêtre fermée. On veut entendre les oiseaux chanter et sentir la chaleur de midi. On sert la table, on se sert deux verres d’un petit Côtes du Rhône et le comble du mauvais goût touristique, le i-pod en mode aléatoire commence à nous jouer l’Amélie de Montmartre. Je le prends pour un deuxième clin d’oeil de la part de mon “flux”. Parfait. C’est kitsch, c’est gai, c’est beau.
Couleurs du noir et blanc
orage passé
les corneilles recommencent
à croasser
pareil au bruit du fouet
le vol de la corneille
de Shimoda
Allez, à la plage!
Nous sommes à dix minutes de quelques plus belles plages de Japon. Les nuances les plus foncées de nuages sont le bleu marine et le gris métallique.
En ville, sur les pilons électriques, il y a des affiches mises par l’administration: Be alert, tsunami 2.5m ou encore Be careful, tsunami 3m.
J’ai peur. Oui, j’ai peur. Je demande dans un office de tourisme ce que je suis supposée de faire à partir de ces infos, parce qu’elles me semblent assez “vagues”.
Il y a un ange de monsieur à l’accueil qui me dit: A vrai dire, nous aussi, on se pose la question. (Ca nous fait rire. Un rire nerveux? Peut-être. Mais il nous détend quand même.) En général, il faut courir vers les collines, et comme nous sommes assez bien entourés, nous nous croyons protégés.
Les japonais ont l’air zen même à propos de tsunami. Il me semble que c’est un don que je n’ai tout simplement pas. Peut-être faut-il naître avec…
Hiroshima
en face du Mémorial de la Paix
je lis le carnet de voyage
de Basho
***
Hiroshima
la brise salée
des vacances à la mer
De passage à Osaka
Nous venons d’arriver à Osaka et je veux déjà retourner à Kyoto. Nous y avons passé six nuits, l’hôtel était excellent, les ruelles de Gion – l’ancien quartier de Geichas – photogéniques, la météo très bonne, les bars à pâtes aussi. Osaka, le petit Tokyo, ne me charme pas du tout. Le sac à dos que je trimbale d’un bout de la gare à l’autre y est sûrement pour quelque chose. La seule manière de faire la paix avec cette ville est de jeter nos affaires dans la chambre de l’hôtel et aller chercher une glace qu’on va manger assis sur le pot aux fleurs au bord de la route. Il est dix heures du soir. Les habitants du quartier ont l’air de rentrer du boulot. Entre le bitume et le béton on se sent comme les enfants de ville qui passent leurs après-midi de juin à flâner dans les rues et pour qui l’odeur de l’été, c’est aussi l’odeur du bitume brûlant. C’est une esthétique comme une autre, même si elle est nouvelle pour moi. Je l’adopte pour ce soir.
Pour toi et pour lui
Selon la légende, Kobo Daishi, le fondateur du bouddhisme ésotérique japonais, n’a pas, à sa mort, quitté ce monde, mais il est resté méditer sur le Mont Koya. A ce jour cela fait à peu près 1200 ans.
Le lieu sacré où il est supposé d’être se trouve au fond du cimetière bouddhiste. D’après l’inscription à l’entrée du cimetière, il vient dire bonjour à chaque visiteur – touriste – pèlerin, qui traverse le petit pont.
Nous essayons d’imaginer sa présence bienveillante à nos côtés:”Bonjour, Kobo Daishi. Ravis de faire votre connaissance.”
On imagine qu’il nous quitte de suite pour accueillir d’autres pèlerins. Nous marchons seuls dans la pluie parmi les stèles couvertes de mousse. Il paraît que chaque bouddhiste japonais rêve d’avoir sa pierre tombale ici. C’est la pole position pour la nouvelle vie qui viendra avec l’arrivée du dernier Bouddha.
Nous sommes maintenant à quelques mètres de l’enclos qui nous séparera de la pièce sacrée.
Sur le petit autel devant la clôture les moines mettent chaque jour un peu de nourriture pour leur maître. Si l’envie le prend il peut se rafraîchir avec des légumes ou un compote de fruits en canette. Les voyageurs y posent aussi une partie de leurs snacks. J’y mets une poignée de cacahuètes que j’ai acheté à l’aéroport d’Amsterdam (j’insiste sur ce détail, ça pourrait le faire rêver :). Tu y mets ton médiator de guitare que tu avais dans le porte-monnaie.
Le soir on repense à ce lieu mystique et on imagine ce qu’il en est fait de nos cadeaux, Kobo Daishi.
Tu dis: “S’il a pu se matérialiser une guitare, peut-être est-il en train de jouer Stairway to Heaven ?”
Cette image m’émeut et me fait rire. Une combinaison parfaite. :)
Versatile blogger award
The very gentle and charming blogger QT has recently surprised me with the Versatile blogger award. Wow, I was quite high in the ranking, (well, actually, I was in the first position, and I felt so flattered ! :) Thanks QT !
Pardon me for this shortened list of recently discovered blogs that bring inspiration into my life.
(I need to acclimatize to the internet after just having come back from a month long travel to Japan :)
1. Tim Brownson
2. Food to glow
3. Awesomely Awake
4. Hel looks
5. David Kanigan
Oh, and seven random facts about me that might be suprising for those who know me, or not?:)
1. Today, I moved to Paris :)
2. I am learning watercolour and I love it.
3. I would love to be able to design and sew handbags.
4. Every time I overcome my laziness I realize in euphoria that I do am a runner.
5. Every time I overcome my fear and I climb a 15 metre wall I ask myself: what am I doing here? :)
6. I would like to meditate every day a fair amount of time. On my trip to Japan I read that hiking the Kumano Kodo route is like copulating with the universe. Funny kind of metaphore. But I quite easily get what they wanted to say when I think about meditation. Well, I really do.
7. I have a kind of love and hate relationship with fashion :)
Evidemment (ou pas)
J’entre dans l’utérus de la Boddhisatva en descendant l’escalier, pieds nus, évidemment, les sandales cachées dans le sac que m’a donné le gardien du temple. Il y fait noir, évidemment, et je dois suivre la rambarde faite de gros grains en bois immitant le rosaire bouddhiste.
En quelques instants je vais renaître et tous mes voeux, si je les souhaite de tout mon coeur, vont être exhaussés. Les yeux ouverts dans le noir, je pense à la personne que je voudrais devenir. Paradoxe ou pas, j’y vois clair dans le noir et je fais mentalement ma petite liste.
Quand je sors à la lumière j’imagine mes voeux étant exhaussés. Que vais-je faire mieux qu’avant? Je m’encourage: après tout, ce serait naturel de ressembler à sa mère…
:)










































